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Mobilier des montagnes du monde ...

Afghan ou Pakistanais, ce mobilier dégage une force incroyable, rappelant dans certains motifs et formes ce que l’on trouve dans notre patrimoine montagnard. Il n’est donc pas étonnant qu’un couple savoyard, depuis quelques décenies, consacre son existance à récupérer et restaurer ces meubles d’un autre âge, pour les empêcher de disparaître.

C’est à la fois une manière d’embellir son intérieur et une idée de sauvegarde d’un patrimoine en voie de disparition. Comme toutes les sociétés à une période ou une autre, l’Afghanistan et le Pakistan font aujourd’hui table rase de leur passé. Avant, sans doute, d’y revenir. Il y a quelques décenies, l’invasion du formica dans nos Alpes et de la quantité d’antiques meubles qui ont fini dans les cheminées pour cause de progrès sont là pour nous le rappeler.

Martial et Zohra multiplient les voyages pour rapporter ce splendide mobilier. Des journées de travail sont nécessaires pour rendre vie à des objets blessés par des siècles d’utilisation et réalisés avec les outils les plus rudimentaires qu’ils soient : herminettes et couteaux !

Pour éviter que ce mobilier, héritage des vallées de l’Himalaya, ne se perde, Zohra et Martial Henry le rapatrient et le restaurent. Dans leur atelier et réserves de Modane, on trouve de tout : armoires aux multiples motifs, en bois brut ou parées de couleurs, des coffres de toutes les tailles, des objets rituels, des encadrements de fenêtres ouvragées, des portes gravées et sculptées, aussi hautes que larges. Ce mobilier véhicule les traditions d’une période s’étirant du XVII au XIX siècle et dont les symboles sont laissés à de libres interprétations, comme l’explique si bien Martial :"Il faut entrer en vibration. Tout cela doit titiller l’émotion de chacun. Si elle passe, chacun y voit ce qu’il veut". Depuis trente ans, Martial, savoyard pur souche, vibre au rythme de ces créations, ressentant quotidiennement le lien intime qui unit son coin de montagne et d’autres du bout du monde. Economies de subsistances, rareté de la matière, rigueurs climatiques, symboliques solaires... Des convergences culturelles auquel chacun est libre d’adhérer, mais qui laisse rarement insensible le montagnard.

Dans la caverne aux trésors de Zhora et Martial, il n’y a pas que de volumineux objets. Les uns à côté des autres, de nombreux coffres aux motifs et aux tailles différents sont à la fois utiles et décoratifs. Traditionnellement utilisés pour ranger des vêtements, on peut y camoufler une chaîne Hi-Fi, les transformer en bar ou, tout simplement, s’en servir de support pour d’autres objets. Encore une fois, les motifs varient avec un lignage fin ou plus grossier. Certains coffres, dont le bois poli par des siècles d’utilisation traduit leur extrême vieillesse, fonté galement écho à notre patrimoine.

Pour dévoiler tous ces trésors, Martial et Zohra consacrent beaucoup de temps et d’énergie. Deux fois par an, ils se rendent dans les régions du Swat, au Pakistan, et du Nouristan, en Afghanistan, pour dénicher les perles rares. Des expéditions qui n’ont rien du confort d’un voyage organisé... Aventure, aventure !

La situation tumultueuse de cette région du monde nécessite une sacrée dose de courage. Mais le travail est facilité par les liens d’amitiés que le couple entretient depuis des années avec quelques familles, et qui facilite la prospection. Il s’agit ensuite d’acheminer ces "oeuvres" en France et de s’atteler à révéler ce qui se cache sous d’épaisses couches de suie. Un nettoyage à la laine d’acier, à la lessive, "et beaucoup d’huile de coude", ajoute Martial. "On essaie de faire le plus léger possible pour ne rien altérer, pour ne pas abîmer les peintures". Cette réfection se fait avec parcimonie. Sans rien forcer. Il s’agit de redonner un souffle de vie au mobilier sans le transformer, sans le rendre trop contemporain. Alors, pour ce goût de l’authentique, ils se gardent bien d’effacer la patine des meubles, les meurtrissures du temps et des hommes, toutes les traces qui font la force de ce "patrimoine". Une fois ce long et patient travail de surface effectué, il ne reste plus qu’à lustrer et cirer.

Pièce relativement imposante le porte-jarres servait de réserve d’eau. Encore une fois, on constate la qualité du travail sur le bois. Une importance toute particulière était donnée à l’esthétisme. Présentation de fleurs dans des jarres ou système de bar, cette pièce peut avoir plusieurs fonctions, en plus d’apporter un plaisir certain pour les yeux.

Puis, le mobilier des vallées de l’Himalaya va poursuivre son voyage entre d’autres murs. Décoration ou pièce d’architecture à part entière, la lumière agira sur lui comme un révélateur. Les ombres seront accentuées. Les reliefs des sculptures apparaîtront. Chacun y verra ce qu’il veut, de l’art, des écritures, des croyances, dans tous les cas des histoires. Des histoires comme seul le bois peut en révéler.

Certaines de ces armoires ne sont pas sans rappeler celles que l’on peut retrouver dans nos régions montagneuses, en particulier dans le Queyras. Souvent encadrées d’une crénelure, on retrouve des motifs de fleurs, d’écailles et des dentelles de bois finement sculptées. Robustes, taillées dans le cèdre, elles sont très utiles pour ranger linge et vaisselle. Ici, une très belle patine noire et une couleur bleue assurent de l’authenticité de la pièce.

Ces colonnes remarquablement travaillées proviennent de la vallée de Swat, dans les zones tribales du Pakistan. Datant de la fin du 19 e siècle, on les trouvait dans les temples et les maisons. Taillées dans des résineux de la région, elles allient lignes droites et formes arrondies. Dans ce pays, les charpentes triangulées n’existent pas. Les toitures plates sont portées par trois ou quatre poteaux alignés au centre de la pièce. La lumière révèle toutes les nuances des différents motifs sculptés, laissant entrevoir les origines perses de ces impressionnantes pièces.

Sans aucun doute les pièces les plus impressionnantes de cette caverne d’Ali Baba. Les encadrements de portes peuvent dépasser les 4 mètres. Comme beaucoup de trésors, elles viennent de temples et de maisons. Cet aspect très ouvragé récurrent, pour ne pas dire artistique, se retrouve aussi bien dans les lieux sacrés que dans les habitations plus simples. Ici cette porte avec ces battants en croix est taillée dans un résineux proche du mélèze. Sur la droite, on aperçoit à hauteur d’homme un miroir circulaire dont la signification reste inconnue. Ces encadrements trouvent leurs places comme portes de communication dans les séjours des chalets, par exemple.

Exemple type d’une réalisation où les colonnes s’inscrivent parfaitement dans l’architecture, mêlant à la fois utilité du matériau et esthétisme.

Mobilier des vallées de l’Himalaya
Zohra et Martial Henry BP 43, 73500 Modane
Tel : 06 08 02 72 39 et 06 32 35 68 19